Découvrez l’histoire de la plus ancienne bulle spéculative connue. Causée par une flambée démente des prix des bulbes de tulipes dans la Hollande du XVIIe siècle.

 

LA TULIPOMANIE

La Crise des Tulipes ou Tulipomanie est considérée comme la première bulle financière de l’histoire. Le krach s’est produit durant l’hiver 1636-1637 en République des Provinces Unies des Pays-Bas, l’ancêtre de la Hollande actuelle.

Elle fut causée par l’envolée démesurée de la spéculation sur les contrats des prix des bulbes de tulipes. Oui la tulipe ! Difficile à imaginer mais une simple fleur a bel et bien été responsable d’un krach.

 

LA TULIPE : UN PRODUIT DE LUXE

Au XVIe siècle, la mode de l’horticulture se répand en Hollande. Les plantes n’ont plus seulement une utilité médicinale ou alimentaire. Cultiver un jardin floral devient un loisir et un symbole de richesse.

Début XVIIe siècle, des marchands hollandais ramènent de Turquie des bulbes d’une fleur eurasienne que les turcs surnomment Tulipe ou « Tülbend » qui signifie « Plante-Turban ».

Les horticulteurs étudient la fleur et développent une cinquantaine de variétés. L’une des plus prisée étant la Semper Augustus, dont les pétales ont une jolie couleur marbrée. (cf.Illustration)

 

UN PROBLÈME DE PRODUCTION

Les tulipes Semper Augustus sont des variétés atteintes du potyvirus. Les bulbes malades donnent à la fleur sa couleur marbrée caractéristique. Or, obtenir ces bulbes malades nécessite un processus horticole laborieux pouvant prendre 7 à 12 ans. Le produit tant apprécié est donc de base rare et long à maturer.

Tous les ingrédients sont en place pour appliquer la loi de l’offre et de la demande : produit rare + demande forte = augmentation mécanique du prix.

 

LES CONTRATS À TERME : LA SOLUTION ?

Un autre problème se pose. La floraison des tulipes a lieu entre Avril et Mai durant une courte semaine. Il y a nécessité de replantage entre Juin et Septembre. L’achat au comptant, c’est à dire en direct pour un marchand chez le producteur, ne peut se faire que durant ce court laps de temps.

Les hollandais recourent à un produit financier : le contrat à terme pour négocier le reste de l’année. L’acheteur et le vendeur négocient des marchandises qu’ils ne détiennent pas encore. Cela sert à garantir un prix d’achat futur pour le marchand et un prix de vente futur pour le producteur.

Ce sont les ancêtres des contrats à termes FUTURES négociés sur les marchés financiers modernes.

 

LA PREMIÈRE PHASE DE LA BULLE SPÉCULATIVE

Tout d’abord, les marchands achètent des bulbes aux producteurs pour les revendre à leurs clients. C’est un commerce de gré à gré.

La popularité des bulbes de tulipes à potyvirus monte. De plus en plus de gens aisés (nobles, riches, bourgeois) veulent des tulipes pour leurs jardins. Le produit étant rare, le prix monte rapidement.

La production ne suffit pas, on négocie alors les contrats sur les futures productions.

Les lobbys des guildes d’horticulteurs et de marchands font pression sur le gouvernement qui stipule que les contrats à terme sont sans risques et autorise des contrats sans obligations d’acheter les marchandises à terme. Le produit financier devient une simple option, un objet de pure spéculation.

 

LA FIÈVRE SPÉCULATIVE

Bientôt, les petits porteurs, les gens du commun, les voisins français affluent vers Amsterdam pour tenter de faire fortune sur les titres d’achats. Le marché se déconnecte du produit réel puisque les gens spéculent sur la valeur des contrats. Les gens n’ont plus que faire des bulbes, il s’agit d’acheter pour revendre plus cher et empocher des bénéfices.

Les négociants classiques établissent des contrats en bonne et due forme devant un notaire, avec une garantie de les honorer.

Le problème est que de nombreux spéculateurs vont négocier dans des cercles parallèles à la bourse, notamment dans les tavernes d’Amsterdam. Ce qui échappe à tout contrôle et toute régulation.

Les prix atteignent des niveaux totalement irrationnels.

Hiver 1636-1637 : le prix d’un bulbe atteint des sommes folles de plusieurs milliers de Florins Hollandais, la monnaie d’époque.

-1 Florin est environ égal à 12€ d’aujourd’hui.

-Un artisan ouvrier gagne environ 150 Florins par an. Un négociant gagne environ 1000 Florins par an.

On pouvait échanger un seul bulbe contre des hectares de terres, des dizaines d’animaux, un navire ou une maison de maître de la capitale… Un bulbe a pu atteindre la somme de 5000 Florins, c’est à dire 63000€ ! Un acte notarié atteste même la vente de 40 bulbes pour 100000 Florins, soit 1.25 millions d’euros !!

 

KRACH ! LA BULLE ÉCLATE !

Février 1637, le krach va débuter par une prise de conscience collective. La spéculation ne se fait même plus sur des bulbes réels, mais sur du papier portant sur un droit d’acheter une production qui n’existe pas encore.

De moins en moins de spéculateurs sont capables d’aligner de tels prix d’achats. La demande s’effondre, et les prix s’effondrent. En quelques jours, plus aucun contrats ne peut être honoré.

Les autorités hollandaises annulent les contrats et refusent d’obliger les contractants à les honorer.

Ceux qui ont négocié leurs contrats dans les règles de l’art n’y perdent pas grand chose. Les grands perdants sont tous ces spéculateurs amateurs qui ont acheté des cageots de bulbes ou des contrats dans des cercles parallèles hors bourse, ne bénéficiant d’aucune garantie.

Même si cette bulle aura calmé les ardeurs spéculatives pour un temps, elle n’entraîna pas de grande récession ou de dépression économique, fort heureusement.

Le mécanisme simple de cette bulle (cf.Illustration) aurait pu servir de leçon. Mais comme nous le verrons dans d’autres articles, de nombreux krachs succèderont à la Crise des Tulipes dans les siècles suivants.

 

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