La Bourse de Paris est sensible à ce qui se passe aux États-Unis. Même si certains facteurs sont propres à la situation outre Atlantique, ils impactent directement l’économie française. Les chiffres de l’emploi aux États-Unis, meilleurs que ce qui était attendu, ont récemment contrarié la bourse de Paris. En effet, cette dernière a connu un recul de -0,48% lors de l’annonce du rapport concernant le marché du travail aux USA. Le CAC40 a perdu des points et le volume d’échanges a considérablement ralenti. Heureusement, le marché parisien a rebondi et s’est stabilisé par la suite. Mais comment expliquer que les chiffres de l’emploi aux États-Unis, qui ne concernent pas la France, aient des répercussions sur la Bourse de Paris ? On vous explique tout dans cet article !

 

La Réserve Fédérale américaine en ligne de mire

En juillet dernier, le département du travail américain a révélé que 224 000 emplois avaient été créés en juin. Selon des estimations antérieures, il était prévu un chiffre initial de 165 000 emplois. Les résultats sont donc meilleurs que ce qui était estimé. Ainsi, ces nouvelles économiques optimistes ont permis de compenser les inquiétantes données publiées un peu plus tôt. En effet, il était question d’un déficit commercial grandissant et d’un ralentissement de l’activité manufacturière. Et pour cause, ils avaient atteint des sommets sans précédent avant le 4 juillet, jour de l’Independance Day.

Les chiffres de l’emploi ont donc donné à la Réserve Fédérale américaine un répit. C’est à dire que la FED n’a pas eu besoin de signaler immédiatement un cycle de réduction significatif des taux d’intérêt. D’ailleurs, le président Trump, critique sans cesse Jay Powell (le président de la Réservé Fédérale), pour ne pas avoir réduit les taux rapidement. Le locataire de la Maison Blanche a déclaré « Si nous avions une Fed qui abaisse les taux d’intérêt, nous serions comme une fusée ». Toujours selon Donald Trump, les intérêts sont trop élevés et la FED ne sait pas ce qu’elle fait. Des déclarations assez cinglantes, mais qui montrent bien que la Réserve Fédérale américaine est en ligne de mire.

Fin juillet, la Réserve Fédérale prévoyait une réduction de taux d’un quart de point. Néanmoins, la réduction d’un demi-point, espérée par beaucoup, semble insaisissable. Aucun investisseur n’arrive à réellement prévoir la baisse des taux d’intérêt américains. C’est en partie pour cette raison que la Bourse de Paris est contrariée par les chiffres de l’emploi aux États-Unis.

 

Une attente interminable pour les marchés financiers

Tous les marchés financiers sont en alerte face aux chiffres de l’emploi aux États-Unis. En effet, ils déterminent (avec d’autres facteurs), le choix de la FED en terme de taux d’intérêt. La croissance de l’emploi reste bien évidemment un élément positif, mais ce n’est qu’un élément parmi d’autres. Aux vues de derniers résultats publiés, les marchés s’attendent à une réduction des cours. Mais rien n’est encore joué.

Comme prévu en juillet, Wall Street a ouvert en baisse, les investisseurs n’étant pas totalement rassurés par les chiffres de l’emploi nettement meilleurs qu’attendu. Le Dow Jones a ainsi reculé de 0,7% à 26.788 points, tandis que le Nasdaq a cédé 0,8% à 8108 points. La Bourse de Paris suit la tendance et s’enfonce dans le rouge à chaque publication des derniers chiffres de l’emploi américain. En juillet dernier, l’indice CAC 40 s’était replié de 0,7% à 5581 points. Début septembre, après s’être rapproché de son plus haut annuel et dans l’attente du nouveau rapport sur les chiffres de l’emploi américain, le marché parisien a temporisé. En effet, il a essuyé une baisse de -0,01%. Ceci est une baisse infime, mais elle montre bien que la Bourse de Paris retient son souffle dès que les États-Unis publient leurs chiffres.

Même si les volume d’échanges restent importants, les investisseurs s’abstiennent de prendre des décisions. Ils s’abstiennent aussi de prendre des initiatives avant la publication des rapports sur l’emploi américain. Pourquoi ? Parce que les investisseurs attendent les informations concernant l’ampleur de la prochaine baisse des taux de la Réserve Fédérale américaine. L’attente est donc interminable à chaque fois pour les marchés financiers. Et la Bourse de Paris doit s’adapter et anticiper ce qui va se passer à chaque fois. D’où ses légères baisses avant chaque annonce des chiffres de l’emploi américain.*

 

En revanche, pas d’effets sur les actions les plus cotées

La publication des chiffres de l’emploi permet aux intervenants des marchés financiers d’affiner les pronostics en vue de la prochaine réunion de la FED. La réaction de la FED est donc scrutée à la loupe. Et pour cause, le marché des changes est le plus touché par les rapports sur l’emploi. En effet, une hausse imprévue de l’emploi, par exemple, signifie une hausse du dollar américain. Le marché des changes est devenu de plus en plus sensible aux données au fil du temps.

Le marché obligataire s’inquiète aussi de ce que le rapport pourrait indiquer sur l’inflation et les taux d’intérêt. Un rapport sur l’emploi solide peut indiquer une économie qui se réchauffe trop rapidement, ce qui pousse les économistes et les commerçants à s’inquiéter des pressions inflationnistes. Toutefois, cela peut également susciter des inquiétudes quant au resserrement de la politique monétaire et aux prochaines augmentations des taux d’intérêt.

En revanche, le marché des actions recherche une hausse de l’emploi, signe d’optimisme et de croissance pour les entreprises. C’est pour cette raison que les meilleures actions françaises ne sont pas touchées négativement par les chiffres de l’emploi aux États-Unis. Par exemple, l’action Safran poursuit sur sa lancée et continue d’augmenter. Avant l’annonce du rapport des chiffres de l’emploi début septembre, Safran a même augmenté de 3,2%. C’est la meilleure performance actuelle du CAC40. Le titre de l’équipementier aéronautique se porte donc très bien. Peugeot quant à lui signe la deuxième plus forte hausse du CAC40, avec une belle hausse de 2,8%. On peut donc dire que les meilleures actions ne subissent pas les aléas des chiffres de l’emploi américain.

Pour conclure, bien que les rapports sur l’emploi américain puissent être instables et sujet à d’importantes révisions bien après les publications, ils restent un indicateur largement observé du bien-être économique. Et les chiffres fournis sur l’emploi influencent directement les marchés financiers. Le nombre de nouveaux emplois créés fournit des indices sur l’économie et les résultats des entreprises et, indirectement, sur les taux d’intérêt et les prix des devises.

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